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Ce qu'ils en disent...

  • Dominique Coutelle

    Directeur artistique au Château de Bosc

    Au début l'artisan veut prouver qu'il sait faire, il adopte un style figuratif. Mais très vite l'imagination prend le pouvoir, et, la maîtrise parfaite de l'outil permettant toutes les audaces, l'artiste se révèle, et nous régale de purs joyaux d'équilibre et de technique, véritables pépites de sculpture.

    On sait que ces cocons que façonne Félix Valdelièvre représentent le stade intermédiaire du développement de la chrysalide qu'ils renferment, et on se plaît à imaginer les futurs papillons qui en sortiront, entraînant le sculpteur au sommet d'une carrière prometteuse.

    C'est la force du talent d'aller jouer jeune dans la cour des grands.

  • Romain Jalabert

    Animateur de la Maison des arts
    Bages d'Aude

    C'est en débutant une formation de plombier-chauffagiste que Félix Valdelièvre a - pour ainsi dire - croisé le fer pour la première fois, en 1999.

    Aussitôt séduit par l'art de faire fusionner la matière, il s'est lancé dans la sculpture en créant un bestiaire imaginaire très éclectique (terrestre, aquatique et volant). Jouant sur les différents contrastes qui s'offraient à lui, il s'est alors efforcé de donner du mouvement et de la légèreté à cette matière rigide et pesante qu'est pourtant le fer.

    Peu à peu, ressentant le besoin de se renouveler et d'explorer de nouvelles voies, mais puisant aussi dans son expérience et le bénéfice d'une certaine maturité, Félix Valdelièvre s'est orienté vers un travail non-figuratif, faisant naître ces volumes. A la recherche de formes organiques qui s'opposent à la matière qui les donne à voir, le sculpteur brouille les pistes, met de l'asymétrie dans la symétrie, du dénivelé dans les lignes droites, non sans reconnaître un goût certain pour la contradiction...

  • Pierre Robinault

    Lithographe
    Directeur artistique aux Ateliers de la Maison du Roy, à Sigean

    Il se serait bien gardé de prendre cette affirmation au sérieux lorsqu’il y a quelques années, fort de sa fraîche formation aux techniques de chaudronnerie et sans intention particulière, il se prenait à jouer avec des chutes de métal, proposant des objets mêlant plaisir, curiosité technique, jeu esthétique avec ou sans finalité. Quelque part entre provocation et design avec queue ou sans tête, exprès… interpellant déjà notre regard.

    Jusqu’à ce que cette affaire le fasse lever le matin et relever la nuit pour finir un truc, en commencer un autre, essayer, laisser tomber ou pas, parce que ça vient ou pas, obtenant au final le consentement de la matière, le son juste.

    Suivant ce chemin, archéologue obstiné sur le chantier de son propre imaginaire, creusant, dépoussiérant, recollant les morceaux ; cherchant sans restriction, acceptant le doute, précisant le geste, la méthode, la réflexion, en quelques années à peine Félix Valdelièvre a extrait de ses multiples champs d’exploration quantité de belles pièces sincères et chargées de promesses.

    Il fallait bien s’attendre alors à ce que cette obstination joyeuse le conduise à porter à nos yeux des œuvres uniques de grande qualité.

    Aujourd’hui l’expérience offre au sculpteur Félix Valdelièvre plus d’exigence et de maîtrise, le résultat est d’autant plus heureux qu’il n’a rien lâché du plaisir, du jeu et de la recherche espiègle qui l’animent depuis sa première brasure. Le chantier ouvert est riche et vaste, gardons l’œil !

     
  • Simone Salgas

    Poète et romancière,
    auteur anticonformiste et avant-gardiste

    ÉCRIRE POUR FÉLIX
    MAÎTRE DE LA MATIÈRE
    ET MAÎTRE DE L'ESPACE

    Premiers regards.

    Il ressemble à ses sculptures. Ou vice versa. Grand, raciné comme les arbres vers le ciel. Harmonieux. Ses sculptures, je les ai découvertes au Somail, dans un printemps en attente de l'odeur rude des cyprès, celle enivrante des pins, un printemps vert de belle saison.

    Elles avaient la couleur rouillée. Je n'ai trouvé que ce mot. Rouillée. Peu poétique mais assez fascinant. La rouille parle d'éternité. Elles avaient la couleur qu'il avait décidé de leur donner. Elles s'imposaient, sobres, rassurantes pourtant, malgré un équilibre de fildefériste.

    Plus je tournais autour, plus mes yeux allaient et venaient, plus mes mains se retenaient de toucher, caresser, provoquer, plus se dévoilait une sorte de fragilité dans ce déséquilibre voulu, un abandon, pourquoi pas une attente, une demande qui émeut.

  • Rémy Soual

    Ecrivain

    Le sculpteur Felix Valdelièvre : déconstruction/reconstruction

    Sculpteur, Felix Valdelièvre travaille la matière pour donner dans un premier temps forme à un bestiaire, piafs et bestioles, déjà dans une recherche d'une épure, et non sans un brin d'humour. Explorant plus loin, plus ardemment, la quête d'une forme essentielle, ces volumes s'observent comme autant de variations, de déconstructions d'une pièce de forme oblongue qui constitue un élément clé de sa sculpture, conquis à force d'essais, d'expérimentations, pour rejoindre les formes géométriques de la sphère ou du cube. Un élément, comme on pourrait parler des éléments essentiels chers aux penseurs dits présocratiques, en axiome, en vérité première, retrouvée de ce qui pourrait bien être la poétique de sa démarche. Comme si derrière la vie des êtres, dont il a d'abord éclairée la faune amusée, se tramait la forme quintessenciée, sans cesse revisitée, déstructurée/restructurée, de cette vie intacte de l'être, dans un volume érigé en absolu au même titre que les figures géométriques. Alors être ? force ? objet ? élément ? Il fallait peut-être oser la sculpture monumentale, défi qu'a relevé l'artiste, pour entrevoir comment ce volume s'avère être un peu tout cela à la fois, dans les imposantes dimensions de sa déconstruction/reconstruction...

  • Jean-Marc Tilké

    Galeriste de la Maison du Chevalier à Carcassonne

    Félix Valdelièvre, tel un titan têtu forge le fer, l'organise dans l'espace par des distorsions harmonieuses, clin d'œil à Tatline, puis caresse le métal formé de ses patines veloutées.